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Le festival ● 

L'édito de Jean-François Leroy


2026 a commencé sur une fausse photographie : le président vénézuélien Nicolás Maduro y apparaît entouré de deux marines, menottes aux poignets. Des médias respectables et des journalistes biberonnés aux réseaux sociaux, qu’ils finissent par considérer comme une source d’information, se sont laissé berner.

Mais paradoxalement, la révolution de l’IA et ses conséquences sont peut-être la plus belle opportunité que le journalisme a de se sauver. Puisque ces modèles, pour être efficaces, doivent être nourris de données fiables, récentes, vérifiées, qui de mieux placés que les professionnels de l’information pour le faire ?

Preuve en est : la rapidité à laquelle, depuis trois ans, ces géants ont voulu tisser des partenariats avec les grands noms de la presse internationale. L’histoire nous dira si ces accords, négociés et signés à la hâte par des médias pris à la gorge par des impératifs de solvabilité et des difficultés économiques, servaient leurs intérêts. Ou s’ils ont conclu un pacte avec le diable, avide de leurs données.

Les vraies photos de Maduro à New York, menottes aux poignets, existent. Elles ont été prises par des journalistes professionnels et diffusées par des médias obéissant à une rigueur et à des règles peut-être surannées, mais tellement importantes. Et précieuses. En témoigne le succès des offres numériques du New York Times, du Monde, du Financial Times et de tant d’autres.

Ces « vieux médias » partagent avec nous, « vieux festival », cette orthodoxie que nous continuons de défendre et de célébrer. Avec leur influence, leur légitimité, leur pouvoir, ils sont les derniers remparts contre les fossoyeurs du réel qui ne rêvent que d’une chose : les abattre ou s’en emparer pour faire fructifier leurs discours – et surtout leurs affaires. Les fusions ou acquisitions médiatiques survenues cette année, ou encore les chasses aux sorcières déguisées en commissions d’enquête aux frais du contribuable pour faire avancer une idéologie liberticide, témoignent de ce phénomène.

Qu’ils soient politiques ou technologiques, ces puissants ont donc soit peur, soit au contraire besoin de nous. C’est pour cela que nous poursuivrons ici, à Perpignan, ce combat débuté il y a bientôt quarante ans. Et que nous espérons être rejoints et soutenus par tous ceux qui partagent encore notre vision. D’être droit, ou redressé, mais toujours debout. Et fidèle aux valeurs de la liberté et du journalisme.

Jean-François Leroy

20 avril 2026

Crédit : Stephan Vanfleteren

Plus de 30 éditions qui racontent le monde.

"Les photographes sont mes yeux sur le monde."

— Jean-François Leroy, directeur de Visa pour l’Image

Visa pour l'Image en chiffres clés


25+ expositions

chaque année dans toute la ville de Perpignan

17 prix et bourses

remis à des photojournalistes

6 soirées de projection

sur écran géant au Campo Santo, rassemblant plus de 2 000 spectateurs par soir

40+ pays

représentés à travers les expositions et reportages

100+ reportages photo

présentés, couvrant des sujets du monde entier

220 000+ visites

sur l’ensemble du festival

1989

année de création du festival

1 000+ professionnels accrédités

(photographes, éditeurs, journalistes, agences…) chaque année

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Visa pour l'Image : l'actualité du monde

Depuis 1989, le Festival international du photojournalisme Visa pour l’Image Perpignan permet chaque année de retracer l’actualité de l’année écoulée à travers les différents sujets et points de vue liés aux faits de société, aux conflits, aux constats sur l’état du monde.

Au programme : expositions, soirées de projection, tables rondes, ateliers, lectures de portfolios, semaines scolaires, rencontres avec les photographes, prix et bourses.

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